Trois pistes pour la modernisation du secteur des taxis

Les partenaires sociaux du secteur des taxis bruxellois (CSC-Transom, UBT – FGTB et GTL) appellent le Gouvernement bruxellois à clarifier son attitude vis-à-vis des services illégaux de transports rémunérés de personnes tels que UBER et consorts. 
Ils rappellent à l’Autorité qu’il est de son devoir d’user de tous les moyens que la loi met à sa disposition pour faire respecter la légalité et qu’elle doit cesser de créer la confusion en faisant état de son intention d’élaborer un éventuel cadre légal qui, de par son caractère nécessairement discriminatoire, ne pourrait être que néfaste tant pour l’équilibre du secteur que pour les usagers. 
Les partenaires sociaux réaffirment qu’il ne peut y avoir de place dans notre Région ni pour la promotion du travail au noir, ni pour le dumping social, ni pour l’emploi au rabais et que, par conséquent, tout projet de « cadre légal » s’inspirant des exigences de UBER et consorts ne pourra être élaboré dans notre région. Les partenaires sociaux, dans le même temps, soulignent qu’ils souhaitent être parties prenantes dans la nécessaire modernisation du secteur et insistent sur trois pistes qui, vu leur intérêt, devraient être encouragées : 
1. Une application smartphone régionale, qui viendrait en complément des applications existantes et serait utilisable sur base volontaire pourrait contribuer à l’innovation dans le secteur et donnerait un « visage » au secteur. Une telle initiative mériterait notre appui. Les partenaires sociaux souhaitent que le Gouvernement bruxellois prenne l'initiative d'une vaste campagne d'information destinée à promouvoir cette application dans la Région. 
2. Au niveau de la métrologie, les partenaires sociaux souhaitent que le secteur bruxellois, dans le même souci d’intégrer la modernité, opte, le moment venu, pour la technologie la plus performante et la plus avancée, en ce compris le système digital GPRS intégré. Toutefois, si l’adoption de cette technologie apportera un plus incontestable tant au niveau de la transparence que de la professionnalisation du secteur, elle ne pourra se faire, notamment vu son coût important, que moyennant certaines conditions : 
  • Que le Gouvernement bruxellois fasse preuve d’une réelle volonté politique de mettre fin aux services illégaux qui sévissent actuellement dans le transport rémunéré de personnes dans notre Région.
  • Que les exploitants disposent d’une totale liberté dans le choix du matériel en fonction d’un cahier des charges établi en collaboration avec le secteur. 
  • Que le Gouvernement n’accepte aucune ouverture du marché des taxis aux limousines.
  • Que le Gouvernement s’investisse dans le retour à la rentabilité du secteur, notamment par une diminution des charges sociales fiscales et autres pesant sur les exploitants. 
  • Que le Gouvernement bruxellois entreprenne les démarches voulues auprès des autorités fédérales afin qu’elles mettent à l'étude une substantielle diminution des charges pesant sur les exploitants. 
  • Que le Gouvernement régional favorise l’augmentation du potentiel-chauffeurs, notamment en assouplissant les règles d’accès au certificat de capacité. 
3. Le manque de rentabilité chronique du secteur des taxis bruxellois a entraîné l’apparition de fraudes diverses dont le système du forfait-location. Il s’agit d’un système où les exploitants « louent » leurs véhicules aux chauffeurs. Ce système, favorisé par l’actuelle pénurie de chauffeurs, sape l’emploi régulier et légal. Conscients du caractère délétère du système du forfait-location, les partenaires sociaux insistent auprès du Gouvernement bruxellois pour qu’il mette en oeuvre les deux mesures ci-dessous qui sont de nature à éradiquer ce système : 
  • Encourager la formation de nouveaux chauffeurs et assouplir les normes d’accès au certificat de capacité afin que les exploitants disposent d’une réserve de chauffeurs suffisante pour ne pas être contraints d’engager des chauffeurs selon le système du forfaitlocation.
  • Intensifier les contrôles pour mettre fin à cet abus. 
En conclusion, les partenaires sociaux insistent sur le fait que les usagers, exploitants et chauffeurs de la Région de Bruxelles Capitale n’ont pas besoin de services illégaux tels que UBER et consorts qui, à terme, ne feront que déstabiliser le secteur existant et semer le désordre. Ils sont demandeurs, par contre, d’un secteur de transport rémunéré de personnes , moderne, fiable et sûr que seul un service régulé par les pouvoirs publics peut leur apporter. Toutes les expériences pratiquées en Belgique et à l'étranger le démontrent.