Silence radio sur le front syndical ? Que nenni !

Grève Liège
Tout le monde a pu recharger ses batteries pendant la trêve des confiseurs. Nous avons connu une très forte mobilisation de tous les travailleurs en décembre et les cheminots étaient en première ligne ! Nous tenons à vous en remercier encore une fois !
Nous étions tous aux piquets d'une part, contre les mesures imbuvables du gouvernement fédéral en général (gel des salaires, saut d'index, attaque contre les pensions, contre les services publics et manque d'équité au niveau fiscal), contre les mesures du gouvernement spécifiques aux cheminots: économies drastiques et diminution de la dette, préparation de la libéralisation... et d'autre part, contre la manière dont Messieurs Cornu et Lallemand veulent répondre aux exigences du gouvernement: en s'attaquant au personnel et au service public (offre, coût des billets, etc.). Pour rappel, les pistes évoquées par M. Cornu dans la presse: "le personnel gagne trop pour ce qu'il fait", "pourquoi garder une mutuelle en interne?", "on pourrait supprimer les accompagnateurs sur les lignes rurales"... ou encore: "soit on modernise, soit c'est le scénario Sabena et la privatisation" et du côté de M. Lallemand: stop au recrutement, report de certains chantiers (RER, ligne 162...). 

Pour quel résultat ? 

Dès la fin de la grève générale, le groupe des 10 (patrons et syndicats) se mettaient autour de la table. Résultat? Un "mini-accord", insuffisant selon Marc Leemans lui-même, président de la CSC. Le mini accord porte sur deux sujets: le rapprochement du statut ouvrier - employé et les prépensions. Mais à la clé, il y avait également un courrier commun, patrons et syndicats, vers le gouvernement afin qu'il revoit sa politique, notamment pour plus de justice fiscale.

Et maintenant?

Ce lundi 12 janvier, le groupe des 10 se revoit. Au menu: un gros morceau: le gel des salaires et le saut d'index. Nous savons depuis lors que l’indice santé sera fixé à 0.5% pour 2015 selon le bureau du plan, mais ce ne sera malheureusement pas suffisant pour que l’indice pivot (pour les allocations sociales et les salaires dans le secteur public) soit dépassé. Il n’y aura donc pas d’index cette année et la mesure gouvernementale de suppression de l’index (« saut d’index ») ne rapportera donc rien à l’Etat ! En matière de salaires, le gouvernement précédent avait déjà gelé les salaires en 2013 et 2014: aucune négociation pour les augmenter n'avait été possible. Ce gouvernement veut prolonger les mesures d’austérité qui n’ont jamais démontré leur efficacité et qui sont maintenant décriées partout en Europe ! Fin 2014, le Conseil central de l'économie a estimé l'écart salarial entre la Belgique et la moyenne de trois pays voisins (Allemagne, France, Pays-Bas) à 2,9 %, contre 4,2 % un an plus tôt. 2,9%, c'est beaucoup moins que ce que les dirigeants politiques disent en général: "Vous coûtez 5% plus chers que les travailleurs des pays voisins !". Et nous n'y avons pas encore inclus les différents cadeaux fiscaux faits aux entreprises, comme les intérêts notionnels, qui n'existent pas chez nos voisins... Négociation ardue donc ce 12 janvier ! 

Les 13 et 14 janvier, retour dans les instances syndicales pour évaluer ce que les patrons auront dit. 

Le jeudi 15 janvier, le "Kern" (comité ministériel restreint) recevra le groupe des dix. Sur la table, trois sujets: la réforme des pensions, un plan pour l'emploi (notamment via la baisse des charges patronales dixit le gouvernement...) et "l'enveloppe bien-être" destinée à revaloriser les allocations sociales. Et bien sûr, la discussion sur les salaires. Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC: "L'évaluation sera vite faite, prévient Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. Nos attentes sont très grandes, parce que la mobilisation a été très grande. De petits aménagements ne suffiront pas. Si le 15, nous n'avons pas de propositions précises et de vraies réponses, on sera à nouveau dans une logique de forte tension." (La Libre Belgique, 12 janvier 2015). 

Sur base de toutes ces discussions, nous saurons si le gouvernement est réellement prêt à négocier ou si un nouveau plan d'action doit être lancé !

Et au niveau du rail?
De nombreux militants, qui siègent dans les comités pour la prévention et la protection au travail notamment, nous demandent quand nous allons reprendre les négociations avec la direction des chemins de fer. De nombreux dossiers sont en attente et pendant que nous ne siégeons pas dans les différents organes de concertation sociale, la direction, que ce soit à la SNCB, à Infrabel ou à HR Rail, ne se gêne pas elle, pour continuer à avancer !
Nous comprenons votre inquiétude et nous la partageons. Nous rencontrons messieurs Cornu, Lallemand et Bovy cette semaine.
A la veille des vacances, nous avions adressé un courrier en front commun à la direction, en leur précisant bien que nous ne partageons pas du tout la vision du gouvernement pour le rail et encore moins la traduction concrète que nos patrons veulent en faire ! Sur l'autel des économies, on ne sacrifie que le personnel, alors qu'il y a certainement bien d'autres pistes à envisager !
Nous sommes donc conviés par la direction ce mercredi 14 en réponse à ce courrier.
Nous convoquerons également nos instances dans la foulée pour évaluer ces discussions et ne manquerons pas de vous en informer !
A suivre donc !