Action contre libéralisation des chemins de fer

Actie Strasbourg
Discours de Marianne Lerouge, responsable générale du secteur chemins de fer, prononcé lors de l'action des cheminots européens contre la libéralisation du rail à Strasbourg: "Aujourd'hui le 14 décembre, les euro députés vont voter notre avenir, celui de 912.000 cheminots et de millions de voyageurs. Avenir radieux ? Pas vraiment ! Depuis des années, l’ouverture à la concurrence des marchés publics est présentée comme une nécessité vitale, seule issue possible pour améliorer l’efficacité de nos services publics. Libéralisons, privatisons… et tout ira mieux!"
"Libéralisation du gaz, de l’électricité… moins cher pour l’utilisateur ? Plus efficace ? Amélioration du service ? Une facture plus lisible ? Pas du tout ! Plus près de nous encore : on ne peut pas dire que le trafic marchandise libéralisé soit une réussite, ni en Belgique, ni ailleurs! Et à quel prix au niveau social ? Qu’en pensent les travailleurs des sociétés low cost d’aviation ? 
Le prochain secteur dans le viseur européen : le transport ferroviaire. Nous voici donc à l’aube de la libéralisation du trafic voyageur national. Notre gouvernement belge prépare l’ouverture du marché du transport national de voyageurs, en demeurant attentif à la nécessité de garantir des transports publics de qualité, axés sur la demande et au meilleur coût, disent-ils. Mais qu’est-ce qu’on a vu dans les faits ? 
Pour faire plaisir à Siim Kallas, nos dirigeants politiques ont scindé le gestionnaire d’infrastructure de l’entreprise ferroviaire. Résultat: plus aucune coordination entre les sociétés, une ponctualité catastrophique et les voyageurs et les cheminots en payent les pots cassés ! Et ce gouvernement-ci, au nom de la préparation à la libéralisation, impose 3 milliards d’économie et veut supprimer les accompagnateurs sur les trains ! 
Certes nos cheminots ont à coeur de défendre leur boulot, mais leur boulot, c’est vos trains! Votre sécurité, vos conditions de transport et d’information ! Demain, totale insécurité à bord des trains si on les laisse faire ! Défendre un service public de qualité, ce n’est pas un slogan, c’est une nécessité vitale pour tous les pays. L’Europe, en imposant l’austérité à tous les services publics détruit l’ économie, son économie. Elle enlève une grande partie du salaire de ceux qui en ont de moins en moins. 
Pour toutes ces raisons, les cheminots vous disent : messieurs et mesdames les eurodéputés, votez NON demain. Tous ceux qui voteront oui à la destruction des chemins de fer en porteront la responsabilité. Les générations futures vous regardent. 
Le rail c’est l’avenir, aussi pour la planète. Vouloir en faire une marchandise va le détruire et ce sera de votre faute. Vous vous justifierez auprès des voyageurs, des travailleurs et de tous vos électeurs."