La SNCB veut faire rouler des trains sans accompagnateur

La SNCB a l’intention de faire rouler des trains sans accompagnateurs. Un cinquième du personnel serait supprimé. Voilà ce qui filtre du projet de plan d’entreprise 2017-2020 dont la CSC-Transcom a pu prendre connaissance. La CSC-Transcom est outrée qu’aucun dialogue social n’ait eu lieu sur le sujet, ni même une communication dans les organes de concertation. La CSC-Transcom est par ailleurs très inquiète quant à la capacité de la SNCB de pouvoir garantir la sécurité des voyageurs et du personnel, étant donné que le système a déjà prouvé à l’étranger qu’il n’était pas sans risques. 
Le plan d’entreprise de la SNCB a « fuité » dans la presse ce 28 octobre, le jour même de sa présentation au Conseil d’Administration. Le plan prévoit une extension de l’offre, une amélioration du service aux voyageurs, une optimalisation des correspondances et une diminution des temps de parcours. Tout cela est positif pour les voyageurs et la mobilité en général. L’aspect négatif par contre, que la CSC-Transcom a pu lire dans la même presse, c’est la diminution importante du personnel SNCB. 
La CSC-Transcom a pu consulter ce projet de plan d’entreprise. Il y apparaît que la SNCB a bien l’intention d’introduire le système du « One man car » ou « DOO » (driver only operation). Les trains « DOO » sont des trains où le conducteur est le seul membre du personnel à bord. Pour ce plan, la SNCB prévoit la suppression d’un cinquième des accompagnateurs de train, soit 469 sur les 2500 que les voyageurs croisent quotidiennement. Les lignes concernées, selon le plan, seraient les lignes diesel ainsi que le RER bruxellois et le réseau “AnGeLiC”, lignes suburbaines autour d’Anvers, Gand, Charleroi et Liège. La direction n’a pas communiqué ces éléments aux organisations syndicales. 
La CSC-Transcom se demande ce qu’il adviendra du personnel. Certains partiront sans doute à la pension sans être remplacés, mais les autres ? La CSC-Transcom avait donc demandé à recevoir au Comité stratégique d’entreprise, le « conseil d’entreprise » de la SNCB, tous les éléments du plan qui touchent le personnel, mais la réponse est restée très évasive. Ni les éléments, ni le plan n’ont été communiqués. 
Sécurité des voyageurs 
La proposition des trains “DOO” se heurte à la vision d’amélioration du service aux voyageurs. Qui renseigne les voyageurs lorsque le guichet est fermé et l’accompagnateur supprimé ? Les voyageurs devront-ils tirer leur plan avec un tableau d’affichage et un automate ? Mais c’est surtout la sécurité des voyageurs qui nous préoccupe. Il y a un mois jour pour jour, la CSC-Transcom a participé à une action du syndicat européen du transport, ETF, menée dans 14 pays, pour le maintien des accompagnateurs à bord. Les voyageurs ont pu lire sur les dépliants que l’accompagnateur n’est pas qu’un contrôleur de billets, mais qu’il est là également pour la fermeture des portes, pour donner le départ, et qu’il sait comme réagir en cas de problème sur le train. Qui donnera l’information aux voyageurs lorsque le train est à l’arrêt en rase campagne ? Qui s’occupera du voyageur qui ne se sent pas bien ? Qui va gérer la situation en cas d’accident si le conducteur est malheureusement blessé ou pire, décédé ? 
De plus, ce système est déjà en place dans certains pays et le retour d’expérience que la CSC-Transcom en a reçu n’est pas bon. En Angleterre par exemple, 30% des trains roulent sans accompagnateurs. D’après l’étude du syndicats britannique RMT (National Union of Rail, Maritime and Transport Workers), le système “DOO” est responsable de 70% des accidents de voyageurs sur les trains et les quais. En France, les voyageurs vont frapper à la porte du conducteur parce qu’ils doivent faire face à de plus en plus de problèmes d’agression d’autres voyageurs. Le syndicat danois a mené une campagne édifiante pour attirer l’attention sur les risques de l’introduction du système « DOO » : voyageur coincé dans les portes, malaise dans le train et même… un exhibitionniste ! 
Pourquoi la Belgique ne tire-t-elle pas les leçons de toutes ces expériences négatives ? 
Pour finir, lors de la campagne “Sauvons nos trains” de la CSC-Transcom, les voyageurs ont plébiscité le maintien des accompagnateurs à bord. Ils veulent se sentir en sécurité dans leur train. 
Le plan d’entreprise sera voté en décembre par le Conseil d’Administration. La CSC-Transcom espère que la direction va bien peser le pour et le contre de toutes ces mesures, en tenant compte des impacts négatifs pour les voyageurs. Si les administrateurs font cette analyse objectivement, ils ne peuvent faire qu’une seule chose : voter contre.