Syndicats du transport aussi contre le CETA

Un veto wallon contre l’accord de libre-échange entre l’Europe et le Canada a noirci la Wallonie en Europe cette semaine. L’opposition ne provient cependant pas uniquement du sud de notre pays. La CSC-Transcom et l’UBT-FGTB, les deux syndicats nationaux majeurs des secteurs du transport, ont des objections par rapport à la convention et soutiennent l’opposition de la Wallonie. 
Depuis des années, l’Europe et les États membres sont dans une logique d’économies qui va de pair avec une dérégulation. La Commission européenne mise à fond sur un ‘Better regulating Package’, qui, à vrai dire, correspond à un programme de dérégulation. Dans notre pays, il y a la ‘Loi Peeters’ qui veut rendre le travail le plus flexible possible. La politique commerciale internationale proposée suit la même logique que les accords de libre-échange, tels que le CETA, le TTIP et le TISA. La régression sociale que nous connaissons déjà en Europe aujourd’hui, notamment dans les secteurs du transport, ne cessera d’augmenter. 
Le CETA contient bien plus qu’une suppression des tarifs douaniers, mais traite de toutes sortes de ‘barrières commerciales’, y compris les réglementations, et affecte donc aussi toute l’économie. Par conséquent, la CSC-Transcom et l’UBT-FGTB craignent que les règles au niveau des droits des travailleurs et des consommateurs soient restreintes. Des règles qui protègent justement consommateurs et travailleurs. 
Le détachement de travailleurs est déjà une réalité en Europe et ceci ne conduit pas toujours à un salaire égal pour du travail égal. Avec des constructions de sous-traitance et beaucoup d’autres formes d’entreprise, cela provoque du dumping social dans de nombreux secteurs (bâtiment, transport, ict, …). Comme les accords commerciaux veulent faire accroître la mobilité des travailleurs, l’on crée d’office plus de pression et de fausse concurrence entre les travailleurs dans différents pays. 
Le marché interne 
En outre, l’Europe développe encore un marché interne solide. 20 millions de PME représentent 68% des emplois et 58% de la valeur ajoutée (richesse produite) en Europe. Dans le secteur du transport, 80% des travailleurs sont actifs dans des PME. Celles-ci sont déjà fortement confrontées à une compétition internationale par des chaînes et des multinationales internationales qui offrent des produits à bas prix. Les accords de libre-échange ne feront qu’augmenter la pression sur ces PME, sur l’économie locale et sur l’emploi, surtout s’il n’y a pas d’équité au niveau des conditions de travail. 
Selon la CSC-Transcom et l’UBT-FGTB, le commerce entre l’Europe et le Canada peut parfaitement être favorisé sans ces accords de libre-échange extrêmes. De plus, le libre-échange devrait justement faire en sorte que les standards dans d’autres pays soient améliorés et non pas déconstruits, par exemple en appliquant des standards plus rigoureux au niveau de la protection sociale là, où les produits sont créés. 
La Wallonie n’est donc pas la seule à demander davantage de transparence et un débat démocratique avant de conclure un accord aussi poussé. La CSC-Transcom et l’UBT-FGTB soutiennent l’opposition de la Wallonie. Il en va de même pour l’European Transport Workers Federation (ETF), la coupole des secteurs du transport qui représente 3,5 millions de travailleurs, ceci en collaboration avec l’ensemble des mouvements syndicaux européens et canadiens.