La CSC-Transcom rejette le service garanti

La CSC-Transcom ne négociera pas la mise en œuvre d’un « service garanti » au sein des chemins de fer belges. Les propositions qui sont aujourd’hui sur la table constituent une atteinte au droit de grève individuel. De plus, la CSC-Transcom considère que ce plan est préjudiciable à la sécurité des voyageurs. 
Monsieur Bellot, Ministre de la Mobilité, veut instaurer un service minimum aux chemins de fer belges dès le début de 2017, tel que prévu dans l’accord de gouvernement. C’est pourquoi il demande que les partenaires sociaux concluent un accord sur le sujet avant le 31 décembre. Si ce n’est pas le cas, il élaborera lui-même une proposition. Le service minimum est proposé aujourd’hui au comité de pilotage. La proposition reprend le fait qu’en cas de grève annoncée, un plan de transport adapté sera élaboré en fonction des membres du personnel disponibles dans les « catégories opérationnelles essentielles ». 
Cependant, ces « catégories opérationnelles essentielles » sont très nombreuses. En effet, pour qu’un train roule en toute sécurité, il ne faut non seulement un conducteur mais aussi un accompagnateur, des signaleurs, un service de sécurité, des speakers… Que ce soit pour un train ou pour dix, il faudra du personnel dans chaque cabine. 
Dans la proposition, il est indiqué que l’agent qui désire travailler doit le signaler au plus tard 72 heures avant le début de la grève. Le travailleur ne pourra plus, par la suite, revenir sur sa décision. Ceci est une atteinte au droit de grève individuel, ce qui est en contradiction tant avec les législations belges et européennes qu’avec la convention ratifiée par la Belgique avec l’Organisation Internationale du Travail. 
La sécurité en péril 
La CSC-Transcom est également convaincue qu’un service minimum ne sera pas une partie de plaisir pour les voyageurs. Bien que le ministre affirme que l’on communiquera convenablement avec eux sur le sujet, celui-ci n’est pas réalisable dans la pratique. « Un chaos maximum en est plutôt une meilleure description » . C’est pourquoi les militants de la CSC-Transcom ont unanimement rejeté l’idée même d’un service minimum. Ils ont proposé aux membres du gouvernement et aux CEO’s de venir sélectionner eux-mêmes les voyageurs qui pourront prendre le train et ceux qui ne pourront pas. 
Et qui sera responsable si un accident survient pour cause de manque de personnel ? Les organisations syndicales ? Marianne Lerouge : « Nous sommes formels : l’instauration d’un service minimum au sein des chemins de fer belges est irresponsable. Celui qui veut quand même l’implémenter devra en prendre la responsabilité. » Contrairement à ce que le gouvernement veut faire croire aux voyageurs, le service minimum n’est pas une réponse aux grèves spontanées. 
Pour la CSC-Transcom, un dialogue social basé sur le respect mutuel et visant à la recherche de solutions est la seule façon d’éviter les conflits. La CSC-Transcom tient à souligner que les grèves sont le moyen ultime lors de conflits sociaux. Elle donne la préférence à la concertation sociale. Cependant, attaquer ce droit de la sorte représente une atteinte directe et totalement inacceptable envers les droits fondamentaux des travailleurs. En voulant implémenter le service minimum, le gouvernement boucle un dossier symbolique mais oublie, d’autre part, qu’il met la sécurité des voyageurs en péril. La CSC-Transcom refuse d’en prendre la responsabilité et continuera à plaider pour un service de qualité garantissant la sécurité.